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Raymond Roy, quel feu te fait vivre? Raconte-moi...
Quel feu te fait vivre?
1er juillet 2010

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Une collaboration de Daniel Roy

« Quel feu te fait vivre? Raconte-moi… » Voici une chronique qui remonte dans le temps, à la conquête du feu qui a fait vivre certaines figures marquantes de la foi chrétienne. Grâce à la collaboration de son propre frère, Daniel, découvrons le feu qui faisait vivre l’abbé Raymond Roy (1931-1999). Homme des bois et poète, prêtre et prophète engagé dans la vie communautaire au centre du Québec, ce témoin d’évangile laissera une trace indélébile dans notre histoire et dans le cœur de milliers de personnes.

L’équipe de Souffle.ca

Raymond Roy, quel feu te fait vivre? Raconte-moi...

Ton histoire
Jeune étudiant, tu es d’abord interpelé par le désarroi d’une fillette à qui un épicier refuse le passage; elle n’a pas assez de sous pour payer le lait qu’elle vient d’apporter à la caisse enregistreuse… La voyant dans l’humiliation d’aller reporter son lait et de retourner à la maison les mains vides, tu sors de ta poche l’argent requis et le remets à l’épicier pour qu’il la laisse passer avec son précieux article. Cette situation deviendra pour toi un événement phare, un instant de conscience éclairante. Tu sais alors que tu t’engageras à travailler contre la pauvreté et les inégalités sociales qui empêchent des personnes de manger à leur faim.  Pour atteindre cet idéal, tu choisiras de donner ta vie à Dieu comme prêtre au service du diocèse de Nicolet.

Chasseur et poète, il est difficile de te confiner dans un rôle traditionnel de vicaire de paroisse… Ton amour des autres et de la jeunesse se caractérise d’abord par l’éveil de tes propres frères et des jeunes de ton village à l’amour de la nature et du monde, ceci par des voyages et des camps plus que formateurs. Après quelques années passées à l’évêché où tu crées des liens d’amitié qui dureront toute ta vie, puis à St-Charles de Drummondville où tu mets en place un réseau de paroissiens solidaires de leur milieu, tu es nommé responsable des Foyers Notre-Dame et de la Jeunesse Ouvrière Catholique dont tu seras aumônier national pendant 6 ans. À Victoriaville, tu sensibilises les jeunes à la prise en charge de projets efficaces dans leur milieu au point que, pour répondre au besoin accru d’implication de ces jeunes, tu acceptes l’exil urbain, toi le poète des bois…

Au cours de ces années, se mettent en place dans ta vie les circonstances, les personnes et les événements qui vont t’amener à être ce qu’on appelait à l’époque un prêtre-ouvrier. Pour toi, il faut à tout prix être le porte-parole, voire cet autre Jésus rassemblant les petits, les exploités du système, les victimes de la société de consommation qui se font arnaquer par les intérêts des riches ou des corporations.

Œuvre d’Alain Gagné exposée au Restaurant-populaire de Victoriaville

Œuvre d’Alain Gagné exposée au Restaurant-populaire de Victoriaville
On y reconnaît l’abbé Raymond Roy (le deuxième à gauche) et quelques collaborateurs rassemblés par Jésus ressuscité autour d’une boîte d’aliments à redistribuer.
« Faites ceci en mémoire de moi… »


Ton feu
Au 9 rue St-Augustin, vivant avec quelques personnes avec qui tu pars le samedi matin pour aller bûcher et ramasser du bois pour les pauvres, tu rassembles, accueilles, nourris, héberges et écoutes des milliers de personnes de toutes provenances. Avec elles, tu réfléchis, pries, partages, célèbres et fais des prises de conscience au sujet de l’organisation de l’injustice et de la mise en place de structures d’asservissement au dieu de la consommation. Déjà tu vois arriver l’ouragan de la surconsommation qui crée l’endettement, l’enlisement dans les dépendances de tous ordres; déjà tu fustiges le système qui s’organise pour enfermer encore davantage les pauvres dans leurs dépendances.  Avec d’autres, tu fondes le CRIS (Centre de relèvement et d’information sociale). Tu es de tous les combats : coopératives d’alimentation, de meubles, de vêtements, de garage, coopérative  funéraire, sensibilisation à la récupération et au recyclage dès les années 70. Depuis ta maison à Victoriaville, tu rayonnes de ce feu qui faisait vivre Jésus : « Venez, les bénis de mon Père ! » Ce feu, c’est ton amour pour les gens simples, humbles, humiliés, victimes, les embourbés, les empêtrés dans les cycles de l’appauvrissement qui n’ont pas encore cette prise de conscience sociale qui donne la liberté d’agir. Toi, tu reçois ce feu de tes longues heures de solitude et de silence, tes nombreuses lectures, tes méditations incessantes des textes d’évangile que tu prends tellement au sérieux.  À toi cette parole que faisait dire Bernanos au Curé de campagne : “La parole de Dieu! C'est un fer rouge. Et toi qui l'enseignes, tu voudrais la prendre avec des pincettes, de peur de te brûler, tu ne l'empoignerais pas à pleines mains? ”

Ton espérance, Raymond?
À la question « Crois-tu en Dieu? », tu m’as déjà répondu : « Je ne sais si je crois en Dieu, mais je sais que Dieu croit en moi ». C’était ta façon à toi de dire que toi-même, tu croyais en l’homme. Moi, j’ajouterais : « Et Dieu croît en toi! » Ton espérance, c’était de voir le Royaume des cieux s’installer au milieu des gens de bonne volonté et croître en réseaux d’entraide. Tu ne prêchais pas pour que les gens prient Jésus, tu priais toi-même et travaillais pour que son Esprit s’empare de toute la région où tu œuvrais et que, par des milliers d’actions si petites et si humbles soient-elles, la face du monde soit changée, la richesse redistribuée équitablement, l’attention dévolue aux personnes enfin donnée. Tu as été fidèle à ta vocation. Par le Hublot, maison d’accueil pour les jeunes de la rue, et par le Restaurant-populaire, tes deux derniers bébés, tu as bouclé la boucle. La petite fille de l’épicerie n’a plus à avoir honte de son indigence. Tu as accompli la parole d’espérance qui t’habitait passionnément : « Femme, relève-toi, ne plie pas devant les grands de ce monde qui te veulent courbée! » Ton espérance : la parole prophétique de Jésus en son temps et au cœur du monde religieux où il vivait. Cette parole libre et créatrice, tu l’as rendue vivante chez nous en faisant advenir un monde de partage et de fraternité où règnent justice et égalité. Du Jésus tout pur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réagissez à cet article

Qu’est-ce qui vous rejoint ou vous étonne de l’espérance de Raymond Roy?
Et vous, quelle est votre espérance?

Marguerite
2013-01-04

Comment peut-on continuer à croire en Dieu, en la religion quand on voit les histoires qui sont dites au sujet de l'église, des églises, des Jésus de toutes les religions. Est-ce que ce sont des histoires inventées, créées pour nous abuser, nous mener par le bout du nez? Pourquoi, avec le temps, l'Amour n'a pas encore gagné? Pourquoi les peuples ne sont-ils pas plus sages après toutes ces années? Le Vatican est prisonnier de ses trésors et de ses histoires. Il n'est pas le meneur des âmes comme Jésus l'a démontré. La Bible est-elle vraiment le livre Saint qui a été écrit ou qui a été inventé? Si l'église n'atteint plus les âmes des gens, les âmes se perdront dans les vagues du temps et les humains disparaitront...

Lucille
2010-09-05

Dieu a des voix mystérieuses pour nous rejoindre! Je l'ai reconnu tant de fois dans ma vie!

Richard Vallet un fidèle de Seine Saint Denis en France
2010-07-06

Je vous ai rencontré par une connexion informatique "accidentelle" et depuis je chemine avec vous. Ce qui me frappe c'est la conjugaison du doute et de la certitude: je ne sais si je crois en Dieu, mais je sais que Dieu croit en moi. Que Jésus Christ nous donne la grâce de vivre ainsi. Heureusement il y a une certitude absolue: l'impérieuse nécessité d'agir pour et AVEC nos frères en difficultés comme Raymond. Les portes d'entrée en Charité sont multiples et diverses et elles débouchent toutes par Grâce, au moment où on l'attend le moins, à la certitude que ce qu'on fait modestement est fait en "mémoire des dons du Christ". Nous ne donnons bien que lorsque nous arrivons à la conscience de répondre aux dons que nous avons reçus. Alors nous ne donnons plus... nous transmettons. Fraternellement.


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