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À toi qui cherches...
un Dieu qui ne te fera plus peur
à toi qui cherches...
5 octobre 2009

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Série de quatre chroniques de Guy Lebel, Service de Formation Vie et Foi

 

TROISIÈME PARTIE : Je crois au Dieu-Père de Jésus


Un père et sa filleDans le sens décrit dans l’article précédent de cette chronique, comme on l’a fait pour nous-mêmes, on peut se poser la question pour Jésus de Nazareth : lorsqu’il parlait de son Dieu, de qui parlait-il en fait? Quelles étaient ses images de Dieu? Impossible de répondre à cela en quelques lignes, mais les évangiles révèlent qu’il le nommait « Abba ».

Lors d’un voyage d’études en Israël, j’ai été surpris et ému en entendant une petite fille crier « abba! abba! » en appelant son père dans la rue. J’ai alors saisi qu’abba signifie vraiment papa. Avec toute l’émotion et l’admiration d’un fils, avec tout le respect et l’abandon qui s’y cachent, lorsqu’il parle avec Lui ou parle de Lui, Jésus ose appeler son Dieu « papa ». Scandale pour certains, infantilisme pour d’autres, cet accent original de la spiritualité apportée par Jésus serait-il une voie à notre quête moderne d’autonomie vécue dans des relations plus ajustées, plus vraies? Aux gens qui souffrent de relations confuses ou fusionnelles (avec leurs parents ou autres), avec les conséquences désastreuses pour l’identité des personnes, Jésus offrirait-il d’entrer dans sa propre expérience humaine et religieuse de non-fusion avec un vrai « père »?

AbbaSortir de la fusion pour entrer dans la liberté passe résolument par une séparation (couper le cordon!) avec la souffrance de la distance et de la solitude qui en résulte. Notre nature humaine fait que nous sommes tous plus ou moins fusionnés à des personnes (vivantes ou décédées), à des objets ou des habitudes (qu’on croit faire partie de nous) et même à Dieu! À l’image d’une grossesse qui implique toujours un accouchement – sinon toute croissance serait compromise –, la spiritualité des chrétiens propose de vivre en relation au Dieu-Père de Jésus comme la rencontre d’un vis-à-vis (un TU) assez consistant pour résister à notre désir naturel de fusion. Ce Père, loin de nous retenir pour lui, nous pousse en bas du nid, au risque de voler de nos propres ailes et devenir auteurs de notre propre vie (devenir un JE libre). Cela ne correspond-il pas au rôle que la psychologie moderne reconnaît aux pères?

On rêve d’être soi dans une juste et féconde relation aux autres… Tout parent digne de ce nom en rêve aussi pour son enfant. Le rêve de Dieu correspondrait-il aussi à notre désir le plus profond d’être heureux, libre, autonome, fier, fécond… d’être soi en vérité en présence des autres?

Un pas vers plus de liberté…

- À toi qui cherches un Dieu qui ne te fera plus peur, peut-être que l’expression « Dieu est père » fait présentement remonter en toi des images ou des expériences du « père » qui génèrent divers sentiments : sécurité, bienveillance, présence rassurante ou, au contraire, crainte d’être puni, peur de l’autorité, abandon, solitude… Et si ces sentiments, liés à ton histoire personnelle, étaient pour toi des tremplins de liberté, d’autonomie et de confiance en la Vie?

- Je laisse monter sans juger ce qui monte en moi; je me confie au Souffle créateur qui m’habite et me guide vers plus d’autonomie et de confiance.

- Aujourd’hui, je prends quelques instants pour inviter le Souffle afin qu’il m’aide à oser faire cette expérience : nommer Dieu « père » ou même « papa » et me donner le droit de le ressentir comme tel. Suggestion : Répéter quelques fois lentement (à voix basse ou intérieurement) la première phrase de la prière de Jésus : Notre Père qui es aux cieux, ou bien une autre qui me vient spontanément et qui me conviendrait mieux.


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