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Noël n'est pas si loin derrière nous
Récits de vie
4 février 2009

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par Jacqueline Lemire

Récemment, je recevais un courriel de Laurie qui me parlait de son Noël africain. Son témoignage tellement touchant m’invite à vous le partager. Mais permettez-moi d’abord de vous la présenter.

Laurie a à peine 20 ans. Elle est originaire du diocèse de Nicolet. Elle est douce, sensible, respectueuse, passionnée pour le monde et débordante d’un désir profond d’aider les plus démunis.

De 2007 à 2008, elle a suivi le programme de formation missionnaire offert par le diocèse. Elle se sentait profondément appelée à s’engager en Afrique et son choix s’est porté dans une maternité de la République démocratique du Congo en Afrique où elle s’est engagée pour une année.

Voici un extrait de son témoignage. À votre tour de vous laisser questionner à partir de ses réflexions et de ses prises de conscience.

Laurie et Mama Marie-Aimée« Je dirais que Noël ici c’est calme. Qu’est-ce que vous feriez à Noël si vous n’aviez pas d’argent ne fut-ce que pour acheter un petit quelque chose de spécial à manger pour le réveillon? Moi, j’aime Noël au Québec, entre autres, parce que c’est l’occasion de prendre un p’tit verre, de faire un petit souper au restaurant avec des amis, de manger de la dinde et une bûche de Noël, de me mettre belle. Oui, aussi pour revoir ma famille et mes amis, mais toujours autour d’une certaine consommation spéciale “parce que c’est Noël”!

Ici, la majorité des gens n’ont pas plus d’argent à dépenser à Noël qu’en d’autres temps donc, à part la messe et les occasions de s’offrir des arachides (parce que c’est la saison), il ne se passe pas grand chose… mais les gens sourient. Ha, mais les hommes se rasent avec une lame de rasoir, les femmes changent leurs tresses et certains vont abattre leur chèvre ou leur mouton pour avoir la chance de manger de la viande.

Si ça vous le dit, je vous propose de fermer les yeux quelques minutes et d’imaginer comment ce serait passé votre temps des fêtes si vous n’aviez pas dépensé plus d’argent qu’habituellement.

Personnellement, cette année, j’ai l’impression d’avoir célébré l’arrivée du Christ dans ma vie. Il se manifeste au travers toutes ces nouvelles personnes que je côtoie tous les jours. Ces hommes et ces femmes qui, lorsqu’ils ne sont pas en train de travailler, donnent leur temps à l’Église, à la communauté.

À la messe de minuit du 24, j’ai fait la deuxième lecture en kikongo devant une église remplie. (Environ 1000 personnes) Oufff! Toute une affaire. Les gens n’en revenaient pas. À la fin de ma lecture, qui s’est d’ailleurs très bien passée, les chrétiens m’ont acclamée. L’Église entière s’est exclamée; des cris, des applaudissements et des bruits un peu comme on fait quand nous imitons les Indiens en mettant notre main devant la bouche. C’était fou! Il y a encore des gens qui me félicitent de ma lecture aujourd’hui… Le temps des fêtes continue encore et encore. Jusqu’à la fin janvier, nous allons nous souhaiter “bonne fête”. »

Saviez-vous que « 80 % des Congolais vivent avec moins de 1 dollar par jour? »

Je nous repose la question : « Qu’aurait été notre Noël si nous n’avions pas dépensé plus d’argent qu’habituellement? » Et j’ajoute : « Et s’il en était ainsi à toutes les fêtes qu’on célèbre au cours de l’année… »


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