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Pâques, Fête de la résurrection,
Fête de la vie, Fête du « tout est possible »
pâques 2010
4 avril 2010

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par Claire Pariseau

La Vie de Pâques se manifeste en toutes sortes de circonstances. Mme Claire Pariseau, animatrice de pastorale en Centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) depuis maintenant presque six ans en fait l’expérience concrète quand elle accompagne des personnes en fin de vie. En ce dimanche de Pâques, et pour les deux dimanches qui suivront, elle nous fait part de cette Vie qui jaillit parfois de façon surprenante.

Avant de lire son premier récit, laissons-la se présenter à nous :

Avant de m’engager dans l’emploi d’animatrice de pastorale, je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, sauf une remarque d’une autre intervenante en soins spirituels : « Tu verras, dans ce travail on reçoit tellement d’amour! » Face à cette déclaration, j’étais dubitative. Selon ma perspective, c’est moi qui donnerais quelque chose aux patients et non l’inverse. Depuis ce jour, je me suis mise à l’école du service auprès des résident(e)s, de leurs familles et du personnel soignant et j’ai appris du nouveau… Voici trois illustrations d’expériences vécues auprès des résident(e)s. Ces exemples résument plusieurs interventions. Elles sont revues dans la perspective de la Passion du Christ.

1er récit :

Par la prière, il est possible de rejoindre l’autre
au-delà des conventions humaines

Chapelet et bougieJe rencontre un résident pour la première fois. Il est à l’agonie. L’infirmière résume sa situation : « Il ne répond plus aux stimuli… coma profond. » Je constate combien il est décharné. Il mène son dernier combat. Sa respiration haletante est rapide comme c’est souvent le cas chez les mourants. Il est seul. M. est célibataire, âgé, sans famille pour l’assister en ce temps décisif. Quelqu’un a placé un chapelet dans sa main. J’interroge l’infirmière à ce sujet; elle me répond : « C’est un M. très croyant. Selon les notes à son dossier, il avait l’habitude de dire son chapelet tous les jours. » Je remercie l’infirmière qui me laisse seule en sa présence.

Je me penche afin de lui parler à l’oreille. Je me présente, me nomme et décline ma fonction. Je lui rappelle que nous sommes plusieurs personnes à veiller sur lui. Ensuite, je lui suggère de se reposer pendant que je ferai sa prière du jour à sa place. En demeurant tout près de lui, à son oreille, je commence à prier le chapelet. Calmement, je fais comme si lui-même s’adressait à Notre Mère bienveillante.

À peine ai-je récité quelques Je vous salue Marie que je n’entends plus sa respiration affolée. Je poursuis la prière à Marie en considérant qu’il se prépare à une mort très douce. Je termine une dizaine de chapelet. Puis, je prends le temps de l’observer. Je constate que sa respiration est calme, son pouls, régulier, et que M. m’écoute. Je suis remplie d’émerveillement : par la prière, il est possible de rejoindre l’autre au-delà des conventions humaines. Je ressens une profonde gratitude envers mes grands-parents et mes parents qui ont été des témoins authentiques en choisissant de placer les exercices spirituels au centre de leurs existences. En tant que modèles, ils m’ont transmis un trésor. Je le savais mais, aujourd’hui, je le vis.

« Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen »


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