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Samedi saint
C’est donc long attendre!
Semaine Sainte
10 avril 2004

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par Robert Richard, prêtre

Qu’est-ce donc que ce soupir entre deux silences que nous nommons la vie? (Psaume 89, 9)

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? Tu restes si loin de mon cri de douleur! Je crie le jour, et tu ne réponds pas! Je crie la nuit, remplissant le silence. (Psaume 21, 2-3)
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Étrange journée que le Samedi Saint! Pas de messe, ni baptême, ni mariage! Pas de cloches non plus… tant qu’on ne célébrera pas cette grande veillée qu’est la « Vigile pascale ».

Papillon - monarqueMais pourquoi donc ce silence? Dieu serait-il donc disparu? Nous aurait-il abandonnés? Pas besoin du Samedi Saint pour poser ces questions! Tant de drames, de maladies, d’injustices nous tentent d’affirmer que Dieu est muet, inactif, ou encore… inexistant.

Le reporter Roger Auque a passé 319 jours en prison en 1987. C’était à Beyrouth dans le contexte de la guerre du Liban. Il racontait récemment à Joël Le Bigot2 que, durant ce temps d’attente, il s’était converti à Jésus Christ.

Pourquoi se tourner vers Jésus Christ? Par besoin d’un faux fuyant pour calmer ses inquiétudes? Ou par besoin d’une relation à quelqu’un, quand tout nous indique la solitude?

À qui crier son désarroi quand la vie n’est plus que souffrance? Jésus, sur la croix, a choisi de crier vers Dieu : « Mon Dieu… pourquoi m’as-tu abandonné? » Terrifiante question que celle-là!

Il faut pourtant qu’il y ait quelqu’un quelque part, sinon la vie ne serait qu’une absurdité. Quelqu’un! Pas quelque chose! « Quelqu’un à qui on peut se confier », comme le chante Richard Séguin.

Au creux d’une attente interminable, des personnes réussissent à trouver un passage à travers des coups durs inimaginables. Comment font-elles? Nous connaissons de ces personnes. Mais si elles croient en Dieu, elles ne peuvent nous faire la preuve de son existence. C’est déroutant! Elles peuvent cependant nous parler de leur expérience de Dieu.

Pour Jésus, pendant que ses disciples devaient mesurer le long et le large de leur échec, s’opérait déjà l’expérience du passage de la mort à la vie. Dieu l’avait-il vraiment abandonné? Question sans réponse pour les disciples. Du moins, pour le moment.

Je ne pense pas que ce soit naïf de croire, mais ça n’a rien à voir avec toute espèce de logique. Attendre, ce serait trop long sans une relation avec quelqu’un qui nous aide à passer de la mort à la vie.

Pour faire un pas de plus...

En attendant le matin de la résurrection, je te propose de lire le psaume 30. Peut-être pourrais-tu en faire ta prière pour les « samedis saints » de ta vie?

[1] Traduction de Stan Rougier dans Montre-moi ton visage! Variations sur les psaumes, Desclée de Brouwer, 1995, 288 p.

[2] Émission Pourquoi pas dimanche?, Première chaîne de Radio-Canada, dimanche 29 février 2004.


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