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Vendredi saint
Un « passage » raté?
Semaine Sainte
9 avril 2004

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par Robert Richard, prêtre

C’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. (Isaïe 53, 5)

La servante dit alors à Pierre : « N’es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme-là? » Pierre répondit : « Non, je n’en suis pas! » (Jean 18, 17)

Comme c’était le vendredi, il ne fallait pas laisser des corps en croix durant le sabbat (d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque). (Jean 19, 31)

Faut-il que nous soyons si mauvais, si « pécheurs », pour que la prophétie d’Isaïe nous rende responsables de la mort de Jésus? Le récent film de Mel Gibson renforce un peu cette idée. Pas facile d’entendre une telle chose alors que, le plus souvent, nous sommes en manque d’estime de nous-mêmes.

L’estime de soi, n’est-ce pas justement d’accepter que quelqu’un croie en nous… que quelqu’un croie que nous sommes capables de progresser dans l’amour de nous-mêmes et des autres, l’amour annoncé et vécu par Jésus?

L’orgueil cherche à y arriver seul. L’estime de soi nous demande de reconnaître que nous avons besoin des autres. Et si ces « autres » ne sont pas tous de ceux qui croient en nous, il en est quelques-uns – appelons les « des révélateurs de nous-mêmes » – qui sont comme des lumières sur notre chemin.

Pas facile d’accepter de recourir aux autres dans un monde qui exalte l’autonomie! Mais autonomie n’est peut-être pas isolement.

Jésus sur la croixLe Vendredi Saint, c’est l’Amour cloué sur une croix. Et chaque jour de nos vies comporte ses bouts de Vendredi Saint. C’est là qu’il nous faut de l’aide pour redorer l’estime de nous-mêmes. Et, paradoxalement, la relation à ce Crucifié peut nous aider à faire le passage de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie annoncé le Jeudi Saint.

À première vue, tout semble perdu pour ceux et celles qui avaient cru en Jésus. Il en est parfois de même pour nous. Alors que l’on se débarrasse du corps dérangeant du Crucifié, nous pleurons amèrement, comme Pierre, les « non » que nous avons lancés à l’Amour.

Mais les larmes font leur temps. Alors s’installe l’attente. L’attente de quoi? J’essaie d’imaginer la fin de semaine de Pâques de Pierre, après la mort de son ami. Savait-il que son passage censément raté était en train de se réaliser?

Le pardon à soi et aux autres fait figure de ferment de libération pour nous. Pour peu que l’on soit patient. Mais pourquoi ne pas se confier à Celui qui a dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font »?

Pour faire un pas de plus...

Mets-toi à l’écoute de ton cœur. Se pourrait-il que Jésus, le crucifié ressuscité, te dise qu’il croit en toi? Se pourrait-il qu’il te fasse passer avec lui de la mort à la vie, et dès maintenant? Nous n’en sommes pas encore au jour de Pâques, mais j’ose croire que l’Amour travaille quand même durant le sabbat.


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