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Avent 2012
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Ce lys est pour toi
21 décembre 2012

par Francine Richard

J’avais environ six ans. Ce dimanche-là, je jouais avec les cousins et cousines de mon âge, en plein soleil au milieu d’un champ. C’était le pique-nique d’été de la famille de ma mère.

Tout à coup, ma tante Jeannine s’approcha de notre cercle d’enfants, tenant un liseron blanc à la main. Mes cousines voulaient la fleur et s’agglutinaient à sa jupe, mais, elle, se dirigeant directement vers moi, me la donna et cria au-dessus de la cohue : « Cette fleur est pour Francine. »

Un lysJe me suis sentie unique, choisie, privilégiée.

Soixante ans plus tard, quand je rentre à la maison et que j’ai un message dans ma boîte vocale où une voix aiguë enfantine me dit « Grand-maman, aujourd’hui, j’ai fait du vélo sur deux roues seulement! », je me sens privilégiée comme la fois où j’ai reçu un lys. Comment ai-je ce bonheur?

Une autre fois, je suis couchée par terre pendant une trentaine de minutes à accompagner ma petite-fille dans ses déplacements de bambine de onze mois. Elle fait du surplace. Je suis un peu fatiguée, mais en vigie pour ne pas fermer les yeux afin que rien ne lui arrive.

Après ces minutes de complicité silencieuse, elle s’amène directement vers moi, dépose sur ma joue sa tête blonde de duvet, en abandon total. Elle m’offre un lys.

En accueillant mon rôle de grand-maman telle une fleur qu'on nous offre, comme Élisabeth, j'ai ouvert grand mes bras en criant: «Comment ai-je ce bonheur?» Comme Élisabeth, comme Zacharie nous attendons tous un lys. C'est une attente qui fait partie de nous, de l'humanité.

Certaines attentes sont plus évidentes, comme chez les personnes stériles, les parents en deuil, les homosexuels ironisés, les séparés blessés, les grands-parents Skype qui soufflent leurs bisous à travers l’écran, les aînées du grand âge qui n’aiment que des yeux, leurs bras raidis ne risquant pas de prendre l’enfant. Nous sommes de la même race.

À tous, j’offre deux lys.

Le premier est le bonheur de rentrer dans sa maison, dans son creux intime et d’entendre du dedans la voix qui fait de soi un être fécond. Comment ai-je ce bonheur?

Le deuxième, un court poème. Je l’offre comme une fleur, une joie à regarder avec les yeux intérieurs, ceux d’Élisabeth qui crie en voyant la vie que les autres ne voient pas : Comment ai-je ce bonheur?
 
Leur tête de duvet
Repose sur notre cœur
Les enfants de la Terre

Leur tige d’émeraude
Court dans nos eaux
Les lys de la Joie

Comment ai-je ce bonheur?


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Vos réponses...

wIKhYiuR
[28 mars 2016]
At last, soonmee who knows where to find the beef

UPkXeX76oL9
[30 décembre 2015]
Over the past 20 years in southern Ontario, I have never seen a ceenmt truck outfitted as a Canadian flag. I wonder what it looks like when the cylinder is rotating. I wonder what it cost to decorate the truck that way. Maybe the guy has patriotic, truck-painter friends. Maybe it only happens inside the Beltway. Or maybe he's an immigrant from Texas.

mmisjFKEsr9w
[14 octobre 2015]
Over the past 20 years in southern Ontario, I have never seen a cenemt truck outfitted as a Canadian flag. I wonder what it looks like when the cylinder is rotating. I wonder what it cost to decorate the truck that way. Maybe the guy has patriotic, truck-painter friends. Maybe it only happens inside the Beltway. Or maybe he's an immigrant from Texas.

Francine Richard
[3 janvier 2013]
Bonne Année 2013, à vous, Robert Chrétien, Robert Richard, Jacinthe Côté et Josée Sarasin!

Merci d'avoir pris le temps de réagir à l'offre que je vous ai faite de recevoir un lis. Pour cette noubelle année, je vous souhaite d'en cueillir un bouquet, dont chaque fleur sera si bien ajustée à votre être que vous vous écrierez; Comment ai-je ce bonheur?

En communion,

Francine

Robert Chrétien
[21 décembre 2012]
Beau témoignage empreint de poésie, votre plume est à la fois inspirante et réconfortante. Merci.

Robert Richard
[21 décembre 2012]
Chère Francine, je te remercie pour ce "témoignage empreint de poésie", pour reprendre les mots du message de Robert Chrétien qui m'a précédé ici. J'ai particulièrement quand tu dis: "Certaines attentes sont plus évidentes, comme chez les personnes stériles, les parents en deuil, les homosexuels ironisés, les séparés blessés, les grands-parents Skype qui soufflent leurs bisous à travers l’écran, les aînées du grand âge qui n’aiment que des yeux, leurs bras raidis ne risquant pas de prendre l’enfant. Nous sommes de la même race." Cette attention pour les autres est très touchante et évangélique à la fois.

Robert Richard
[21 décembre 2012]
Et j'ajouterais ceci:
En lisant ce témoignage, me reviennent ces mots d'Aznavour: "l'essentiel, c'est de compter pour quelqu'un quoi qu'il puisse arriver". C'est aussi de penser aux personnes qui comptent sur nous et Francine Richard le fait très bien ici.
(En passant, nous ne sommes pas parents, à part d'être tous deux Acadiens d'origine. Mais, de toute évidence, nous sommes en communion sur bien des points.)

Josée Sarasin
[21 décembre 2012]
Douce Francine,
tel ce lys, tu oses aimer et te laisser aimée.Quel bonheur de lire ta poésie exprimant cette beauté de l'amour incarné.

Ghislain Dallaire
[21 décembre 2012]
Francine,
En plus d'avoir la chance de lire ta poésie, j'ai le bonheur de vivre en ta compagnie.
En plus de voir "ce lys qui est pour toi", j'ai le privilège d'en sentir le parfum avec toi.
En plus de connaître ton histoire, tu la vis et tu dis aux autres: "Écoute, pour voir".
Merci d'être généreuse, sans hésitation...merci de la livrer en toute simplicité.

Jacynthe Côté
[21 décembre 2012]
Unique, choisie, privilégiée, c'est comme ça que je te vois Francine. Une femme sensible et à l'écoute de cette petite voie intérieure qui t'appelle et qui te guide... Merci pour tes lys!


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